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Grande sérénade en ré majeur

 
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Auteur Message
joachim
Mozart d'or
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Inscrit le: 30 Sep 2005
Messages: 2400
Localisation: nord (avesnois-thiérache)

MessagePosté le: Mar 04 Mai 2010, 16:58    Sujet du message: Grande sérénade en ré majeur Répondre en citant

Cette imposante Sérénade ne peut que nous confirmer que Léopold Mozart est loin d'être un compositeur insignifiant.

Je viens de la redécouvrir parmi mes CD, et en ai donc profité pour la réécouter. (un CD Pierre Verany, orchestre de chambre de Toulouse dirigé par Alain Moglia (1).

Cette Sérénade (D 7 dans le catalogue Eisen), en 9 mouvements, ne démérite absolument pas si on la compare aux sérénades orchestrale de Wolfgang (je parle des premières, quand même pas de l'Haffner ou de la Cor de Postillon Wink )

D'une quarantaine de minutes de durée au total, les mouvements sont les suivants :

1 - Intrada puis Molto allegro. L'intrada, assez courte, vient en remplacement de la marche qui, habituellement, sert de prélude aux sérénades orchestrales.
2 - Andante, très poétique
3 - Menuetto, très joyeux, en forme de laender, avec un trio contrasté, en mineur (je crois Embarassed ) et reprise da capo.
4 et 5 - Là commence la partie "concerto pour soliste", d'abord un concerto pour trompette, assez connu car on l'interprète souvent détaché de la sérénade. D'abord un Andante où la trompette monte très haut dans les aigus. Cet Andante ressemble comme un frère à celui du concerto que Michael Haydn inclura dans une de ses sérénades, elle aussi en ré majeur. Il est suivi par un allegro moderato où la trompette joue en virtuosité.
6, 7 et 8 - Deuxième concerto pour soliste, celui ci pour trombone, un instrument que l'on ne rencontre pas souvent en soliste (là aussi, Michael Haydn en a introduit un dans une autre sérénade). Il commence par un Adagio, où cet instrument grave se fait tendre, suivi d'un Menuetto assez rythmé, et où le trombone n'intervient que dans le trio, un soliste "caressant", tendre, enjôleur...Suit un Allegro, avec cette fois un trombone plus virtuose qui passe tour à tour du grave à l'aigu, je pense qu'il devait être difficile à jouer sur un instrument de l'époque (qui n'avait pas encore de coulisse).
9 - retour pour finir à un mouvement purement orchestral, un Presto fulgurant qui termine la sérénade sur un ton enjoué.

Décidément, Leopold Mozart n'est pas le compositeur médiocre que l'on se plaît souvent à dénigrer dans les biographies de Wolfgang.

(1) le CD est complété par son concerto pour cor en ré majeur, où le soliste fait, là aussi, des prouesses.
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Piero1809
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MessagePosté le: Mer 05 Mai 2010, 8:32    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Joachim pour ce commentaire passionnant sur la grande Sérénade de Leopold Mozart. C'est agréable de commencer la journée avec la sensation d'avoir appris quelquechose!

Leopold ne serait donc pas le musicien laborieux qu'on nous a trop longtemps décrit!

Intéressant ce petit concerto pour trombone intercalé dans la sérénade. Je me permets de faire une petite remarque. La coulisse fait partie de la structure originelle du trombone. Les saqueboutes du 16ème siècle en étaient déjà pourvues. Au 18ème siècle le nom trombone (grande trompette) apparait et cet instrument est très utilisé dans la musique religieuse salzbourgeoise pour doubler les voix des choeurs.

Dans ces conditions il est essentiel pour l'instruments de jouer les douze demi-tons de la gamme chromatique. C'est justement le rôle de la coulisse. La justesse est dépendante de l'adresse de l'instrumentiste mais la sonorité somptueuse. Voilà donc le trombone à coulisse utilisé avec génie par Mozart dans sa divine Flûte enchantée. C'est peut-être l'instrument employé par Michel Haydn et Leopold Mozart. Quel est l'avis du spécialiste de ces deux musiciens?

Au 19ème siècle le trombone à pistons, de maniement apparemment plus facile, apparaît qui permet également de jouer les demi-tons.

http://www.lesitedutrombone.fr/xtrbhistoire.htm
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MARIE
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MessagePosté le: Mer 05 Mai 2010, 10:08    Sujet du message: Répondre en citant

Piero1809 a écrit:

Leopold ne serait donc pas le musicien laborieux qu'on nous a trop longtemps décrit!
I



Mais où cela ? icon_mrgreen

Leopold était un musicien fort estimable mais ce n'est pas pour cela que son nom s'est inscrit dans la postérité, il faut bien le reconnaître.

Valet de chambre et violoniste chez le compte de Thurn Valsassina und Taxis vers 1740, le futur papa de Mozart était animé d'une grande curiosité intellectuelle et sa vocation de musicien s'affirme vite.

Sa première oeuvre publiée (Six Sonates pour deux violons et basse en 1740) est dédiée au "paternel soleil dont les effets bienfaisants m'ont, d'un coup, tiré de la pénible et obscure nécessité où je vivais et mis sur la voie de la fortune" (autrement dit, le comte Jean-Baptiste de Thurn).

Commentaire d'Alfred Einstein sur cet essai musical : "un curieux mélange de cette raideur propre au style ancien (Corelli, Bach, Haendel) et de quelques traits assez libres de galanterie (l'esprit de l'opera buffa). Leopold n'a jamais réussi à trouver le juste équilibre entre les deux tendances".


Leopold Mozart multiplie les compositions :

- pour le carême 1741, la cantate Le Christ est enseveli
- pour l'université en 1742, la musique d'un drame, Antiquitas personata

Petit à petit, l'oiseau fait son nid (si j'ose dire) dans le milieu musical de Salzbourg.

En 1743, il entre comme quatrième violoniste à l'orchestre de la cour du prince-archevêque Anton von Firmian.

Dès l'année suivante, eu égard à son talent de pédagogue, on lui confie la préparation des jeunes violonistes candidats à l'orchestre.

A la naissance de Wolfgang, ce musicien respectable a presque atteint l'apogée de sa carrière.

En 1756, il publie son Essai d'une méthode approfondie du violon, traduit en hollandais et en français.


L'année d'après, Leopold est nommé compositeur de la Cour mais il sacrifie alors sa carrière pour mettre ses talents de pédagogue au profit de sa progéniture.

En 1762, Leopold espère obtenir le poste de maître de chapelle à Salzbourg ; mais l'archevêque lui préférant Francesco Lolli, il devra se contenter du poste de vice-maître de chapelle et il ne s'élèvera plus jamais dans la hiérarchie.

Il se console en déclarant en 1766 : "Dieu a donné à mes enfants de tels talents que je serais contraint, même si ce n'était mon devoir paternel, de tout sacrifier à leur bonne éducation. Chaque instant perdu l'est à jamais".

Outre la longue liste de compositions dont Joachim a dressé la liste - et dont certaines d'entre elles méritent sans aucun doute le "détour" - il faut surtout saluer en Leopold un pédagogue exceptionnel, qui consacrera d'ailleurs les dernières années de sa vie à former les former les enfants du directur du Théâtre de Munich (qu'il prend chez lui en pension), ainsi que le fils de Nannerl (prénommé Leopold).

Mais en 1786, lorsque Wolfgang lui demande de garder ses propres enfants afin de lui permettre d'aller en Angleterre avec Konstanze, il refuse fermement...

Sacré papa... ! icon_mrgreen



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Marie,
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